vendredi 23 septembre 2011

La censure à 1,2 million de dinars


«Je ne veux plus filtrer les pages Web et je ne veux plus avoir des équipements de censure chez moi», lance-t-il, deux jours après le jugement. Arrivé en février, cet ingénieur de 35 ans veut changer l'image de l'ATI, en faire une institution neutre et transparente, qui se concentre sur sa principale mission: améliorer la qualité de service pour les internautes. «Ce n'est pas à l'ATI de censurer, explique-t-il à libération.fr.C'est aux fournisseurs d'accès de proposer des solutions à leurs clients, de mettre en œuvre des techniques de contrôle parental et de filtrage.»
Un premier recours, demandant la suspension du jugement, a été rejeté, le 13 juin. L'ATI a donc dû se résoudre à l'appliquer. Pour le moment, seules certaines administrations, les maisons de jeunes et les cybercafés ont un accès filtré.
Ce lundi, en appel, l'ATI mettra en avant des arguments techniques et budgétaires dans sa ligne de défense. La censure nuit d'abord à la qualité du service, en ralentissant le trafic. Elle est par ailleurs très coûteuse: 1,2 million de dinars par an en moyenne, au bas mot, pour payer la licence du logiciel de filtrage et maintenir les ordinateurs, logiciels, serveurs, qui servaient à la censure. Or, explique Moez Chakchouk, «nous ne recevons plus, comme c'était le cas auparavant, de subventions de l'Etat à ce titre».
De plus, «après la révolution, on a rompu les contrats avec les sociétés de filtrage» et «les équipements qui servaient à la censure ne peuvent plus supporter, aujourd'hui, la taille des échanges en Tunisie, qui ont beaucoup augmenté». D'autant que certains de ces équipements sont aujourd'hui attribués à d'autres missions, comme l'hébergement de miroirs de logiciels open source ou de contenus pour Dailymotion, site censuré jusqu'au 13 janvier.
Mais dans cette affaire, le jeune PDG, qui se dit prêt à «aller jusqu'au bout», «ne veut pas se positionner en défenseur de la liberté, même si ce sont mes convictions personnelles».

«Que va-t-on interdire demain?»

Des internautes se sont chargés de ce combat pour la liberté, indignés par ce jugement perçu comme un retour d'«Ammar 404», petit nom de la censure sous Ben Ali. «Rendez-moi mon porno!», écrit ainsi Adam Jerbi dans une contribution sur le site Nawaat. «Cette décision crée un précédent dangereux(...). Ceci est tout bonnement le retour en force de la censure. Ma liberté d'expression est en jeu», fait-il valoir.
Si «la chose» intéresse (après la levée de la censure en janvier, sept sites pornos sont apparus dans le top 100 des adresses les plus consultées, selon Businessnews), «le problème n'est pas la pornographie,estime «Arthur», dans les nombreux commentaires suscités par l'article.Ce n'est pas non plus la protection des enfants, qui relève des familles et non de la société. Le problème c'est l'apparition d'un ordre moral dont tout le monde sait parfaitement quels partis l'inspirent».
«Cela ouvre la porte à la censure comme méthode d'action. Que va-t-on interdire demain, les sites trop offensifs envers le gouvernement, trop ironiques envers l'armée, trop critiques envers la police», interpelle unepétition lancée sur Twitter et signée par 379 personnes.
Reporters sans frontières aussi «craint que le filtrage de ces sites, dont la définition demeure incertaine, ne soit le prélude à la censure d'autres types de contenus».
D'ailleurs, il n'y a pas que par le cul que la censure tente un retour. Début mai, l'ATI a mis en place le filtrage de cinq pages Facebook, sur ordre d'un tribunal militaire. Décision qui reste à confirmer, et qui se base sur des motifs restés flous.
Le verdict sera prononcé le 18 juillet. Si la justice confirme le premier jugement, plusieurs citoyens envisagent à leur tour de «porter plainte pour atteinte aux libertés personnelles», indique l'un d'entre eux,Houssem Aoudi, un consultant en web-marketing.

En Tunisie, la censure des sites porno en question


Sexe, drogue et carabines devant les tribunaux tunisiens ce lundi. Outrele deuxième volet du procès de l'ex-président Ben Ali, jugé cette fois pour détention d'armes et de cannabis, la justice doit se prononcer sur le sort réservé à la pornographie en ligne, dans la démocratie en construction: retour à la censure pratiquée sous Ben Ali, au prétexte de protéger les enfants, ou libre accès, au nom de la liberté d'expression?
Tout est parti de la plainte en référé de trois avocats, pour qui la pornographie virtuelle est une menace pour les enfants et est «contraire aux valeurs arabo-musulmanes».
En première instance le 26 mai, le juge donne raison aux plaignants et somme l'Agence tunisienne d'Internet de filtrer les sites pornos.
Sauf que l'ATI n'est plus le bras armé de la censure qu'elle était sous Ben Ali. L'entreprise publique, sous l'impulsion de son nouveau PDG, Moez Chakchouk, ne se laisse pas faire et fait appel.

l'accès aux sites pornographiques depuis la Tunisie


Le tribunal de grande instance de Tunis a confirmé l'obligation faite à l'Agence tunisienne d'Internet de bloquer l'accès aux sites pornographiques depuis la Tunisie. Tombée en janvier dernier, la censure du net refait surface au pays.

Mise à jour : La cour d'appel de Tunis a confirmé le jugement qui maintient le blocage des sites pornographies en Tunisie, au grand dam de l'Agence Tunisienne de l'Internet (ATI) qui ne souhaitait plus avoir à filtrer après les révoltes qui avaient fait tomber la censure. L'ATI a déjà annoncé son intention de porter l'affaire devant la cour de cassation, mais la procédure n'étant pas suspensive, le blocage devrait être mis en oeuvre.
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Article du 16 août 2011 - La chute du régime de Ben Ali n'a pas totalement fin à la censure du net en Tunis. Le 26 mai dernier, le tribunal de grande instance de Tunisie avait ordonné en référé à l'Agence tunisienne d'Internet (ATI) de bloquer l'accès à tous les sites pornographiques. La plainte avait été déposée par trois avocats choqués par les contenus qu'ils estiment contraires aux valeurs musulmanes et préjudiciables pour la jeunesse tunisienne.
Ce lundi, la radio Mosaïque FM qui avait beaucoup suivi le dossier annonce que l'appel qu'avait interjeté l'Agence tunisienne d'internet contre ce jugement a été rejeté par le tribunal de Tunis, qui a confirmé son ordonnance de référé.
Le 11 mai dernier, le Ministère de la défense nationale avait indiqué dans un communiqué que l'ATI avait reçu l'ordre du tribunal militaire permanent de Tunis de bloquer quatre sites internet. "Le Ministère de la Défense Nationale a indiqué sur ce même communiqué que ces pages diffusent des séquences vidéo, des messages et des articles portant atteinte à l’institution militaire et à ses hauts cadres, à la confiance du citoyen à l’égard de l’armée tunisienne, incitant à la violence et à la haine tout en semant le désordre et le chaos dans le pays", rapportait Tixup.
Dans un souci de transparence, qui rappelle le débat qui ne s'est jamais véritablement ouvert en France surla publication des sites bloqués, l'ATI a mis en ligne une liste des URL bloquées sur réquisition judiciaire. Elle contient cinq sites, exclusivement des pages Facebook.
Selon Slate Afrique, "l’agence s’est fixée quatre catégories de sites à «filtrer»: les sites de haines ou de violences, les sites politiques anarchiques ou autres, les sites sur la famille de Zine el-Abidine Ben Ali, et enfin les sites pornographiques".
Lors du renversement du régime de Ben Ali, la libération de l'accès à tous les contenus publiés sur Internet avait été l'une des premières victoires obtenues par la révolution.

site pornographique en tunisie

Le tribunal de première instance a prononcé, un jugement en référé à l'Agence Tunisienne d'Internet ATI pour la fermeture de tous les sites à caractère pornographique. Cette décision a été prise suite à une plainte déposée la semaine dernière par trois avocats.

Rappelons qu’après la disparition de la censure de l’internet tunisien, pas moins de 7 sites pornographiques ont fait leur apparition parmi les 100 premiers sites web les plus visités en Tunisie. Cinq de ces sites figurent d’ailleurs au top 50.




La cour d’appel de Tunis a ordonné à l’ATI de poursuivre le filtrage de sites à caractère pornographique, dans un jugement prononcé aujourd’hui 15 août 2011.
Un appel interjeté par l’agence tunisienne de l’internet concernant la fermeture des sites à caractère pornographique a été rejeté en juin dernier par la cour d’appel de Tunis.


site pornographique en tunisie

Le tribunal de première instance a prononcé, un jugement en référé à l'Agence Tunisienne d'Internet ATI pour la fermeture de tous les sites à caractère pornographique. Cette décision a été prise suite à une plainte déposée la semaine dernière par trois avocats.

Rappelons qu’après la disparition de la censure de l’internet tunisien, pas moins de 7 sites pornographiques ont fait leur apparition parmi les 100 premiers sites web les plus visités en Tunisie. Cinq de ces sites figurent d’ailleurs au top 50.




La cour d’appel de Tunis a ordonné à l’ATI de poursuivre le filtrage de sites à caractère pornographique, dans un jugement prononcé aujourd’hui 15 août 2011.
Un appel interjeté par l’agence tunisienne de l’internet concernant la fermeture des sites à caractère pornographique a été rejeté en juin dernier par la cour d’appel de Tunis.